Être Switch, qu’est-ce que c’est exactement ? C’est moi ! Oui, je suis Switch ! Mais, vous n’êtes pas plus avancé en vous disant cela. Être Switch, c’est avoir une sexualité à double rôle. Une sexualité dans laquelle on peut se retrouver en position de soumission ou de domination. Deux opposés qui ne sont pas faciles à conjuguer. Que ce soit pour moi-même, mais également dans mon couple. Et je pense même que cette demi-mesure s’applique sur de plus larges horizons. Comme je ne pense pas être le seul homme à être de type Switch, je vais essayer de faire un état des lieux de cette situation et partager mes craintes, mes réflexions et mes envies sur ce type de sexualité. Je ne suis pas spécialiste en psychologie, ce n’est que mon point de vue.

Être Switch : Back to the Basics

Retour aux fondamentaux ! Avant de commencer à parler d’être Switch ou pas, il faut savoir de quoi on parle et remettre tout ceci dans son contexte. D’une part, je ne suis pas en train de faire un classement entre les personnes qui sont dominatrices, soumises et Switch. Car en sexualité, comme dans d’autres domaines, nous ne sommes pas stockés dans des cases, malgré ce que la société souhaite mettre en place pour établir ses statistiques. D’autre part, ce n’est qu’un article à but explicatif que je vais vous présenter pour vous expliquer ces types de rôle que l’on peut avoir dans le domaine de la sexualité.

En général, nous sommes soumis ou dominants

En général, une personne, dans sa sexualité, est orientée. Elle peut être dominante. C’est elle qui prend les rênes de l’acte, c’est elle qui se retrouve en position de domination de l’autre (sans pour autant se retrouver dans une pratique BDSM). C’est stéréotypé, mais c’est ce qui caractérise le plus les sexualités plutôt dominantes. Une personne qui peut être plus orientée soumission dans sa sexualité sera plutôt passive, souvent en position de soumission et à l’écoute des désirs et envies de l’autre. Oui, c’est très caricaturé, mais c’est ce qui est considéré en général comme étant plutôt dominant ou soumis.

Mais il y a aussi les personnes switch

La troisième partie, c’est ceux qui sont Switch, ces personnes qui aiment autant jouer un rôle dominant que soumis. Ce sont un peu des caméléons, capables de se mettre dans un rôle ou l’autre et surtout en prenant du plaisir dans les deux rôles. Souvent, une personne de type Switch présente un penchant pour l’un ou l’autre rôle. Mais il se caractérise par l’envie et le besoin de se retrouver autant dans l’une ou l’autre situation.

Être Switch, un conflit avec soi-même ?

Maintenant que l’on a défini un peu plus le sujet, je vais prendre mon exemple pour illustrer le fait qu’être Switch, c’est avoir une sexualité complexe et parfois en conflit avec soi-même. Être parfois dominant ou soumis, c’est faire abstraction de son autre moitié. Impossible d’être les deux en même temps. Je ne peux pas être en train de dominer ma partenaire en lui attrapant la tête pour pénétrer sa bouche et en même temps, en train de me faire claquer les fesses. C’est difficilement compatible. Surtout qu’une personne Switch a besoin de repère pour se conditionner un minimum. C’est un peu comme lorsqu’on va dîner chez des gens, suivant leur niveau social, on ne va pas se comporter de la même manière. On a besoin de connaître l’état général de la situation pour prendre des mesures.

Un combat régulier et quotidien ?

Mais être Switch, c’est également être potentiellement en conflit avec soi-même. C’est un peu comme-ci nous avions d’un côté le petit esprit de la domination à notre gauche et le petit esprit de la soumission à notre droite. L’un te dit de retourner ta partenaire, de l’attraper sauvagement par les fesses et de lui éjaculer dessus. L’autre, te dit que c’est à toi de te faire enculer. Très honnêtement, ce n’est pas facile tous les jours d’arriver à se dire qu’à un moment, on a des envies de domination et d’autres, des envies de soumission.

Bisexuel et bisexuelle, même combat ?

C’est presque comme le conflit d’être Bisexuel je suppose (conflit dans le sens d’avoir deux envies bien distinctes). Aimez les femmes, mais aimez les hommes aussi, ça ne doit pas être facile tous les jours. Après, j’exagère un peu les choses, ce n’est pas une prise de tête interne. Mais quand on y regarde de plus près, ce conflit interne est sûrement plus présent chez quelqu’un de Switch, qu’une personne dominante ou soumise. Après, je peux me tromper, comme indiqué plus haut, je ne suis pas un psychologue, ni un expert de la sexualité.

Comment gérer cela en couple quand on es Switch ?

Alors oui, être Switch, ce n’est peut-être pas facile tous le temps pour nous-même. Mais ce n’est également pas facile en couple. Pour mon cas, ma partenaire est tout de même bien plus située du côté soumis. Devenir dominatrice, ce n’est pas trop son rayon. Elle ne sait pas comment faire et ce n’est pas aussi facile pour elle qu’être soumise. Pourtant, petit à petit, j’arrive à lui faire prendre confiance en elle et de ce fait, à se prendre au jeu de la domination de temps en temps. Mais elle n’est pas Switch. Elle aime juste me faire plaisir avant tout en jouant un rôle dans lequel elle tente de s’installer.

À ton tour ?

Mais comment faire lorsqu’on est Switch ? Comment arriver à gérer ce moment où tu préfères être dominé ? Te rendre soumis à l’autre, alors que du côté opposé, la domination n’est pas un besoin en soi ? Bah, faut jongler et parler. Faut savoir écouter l’autre dans ses besoins et tenter de s’y adapter. Au début, lorsque je demandais à ma partenaire de me dominer, elle me répondait qu’elle ne savait pas quoi faire. C’est ainsi que je me suis rendu compte qu’être dominant ou soumis, ce n’est pas inné. Elle avait besoin de repère, de savoir ce que j’entendais pas « être dominé. J’ai dû lui donner des exemples, de nombreux exemples, lui présenter ce qu’elle pouvait faire pour se plonger dans son rôle. C’est selon moi, la meilleure chose à faire pour tenter de trouver des solutions ensemble.

Aujourd’hui, en 2019, c’est comment ?

À présent, ce n’est plus la même chose. Je suis toujours Switch, mais ma partenaire actuelle est soumise. Cependant, sa versatilité lui permet de s’intéresser à la domination et commencer parfois à me dominer pour satisfaire mon côté soumission. Moi, de mon côté, je suis devenu de plus en plus dominant. Cela ne veut pas dire que je le suis devenu, car je reste bien plus Switch qu’autre chose, mais j’apprécie de plus en plus ce côté de ma sexualité, qui me permet également de sortir de mes habitudes. L’alternance entre la domination et la soumission peut à présent se faire plus rapidement, plus simplement et ce n’est pas pour me déplaire.

Être Switch : Atteindre de nouveaux horizons

Oui, être Switch, ça ne semble pas facile à gérer tous les jours, cependant, selon moi, être Switch, c’est être en mesure de profiter d’une sexualité encore plus grande, éclectique, diversifiée. On peut un jour, prendre plaisir à maltraiter quelque peu, sa ou son partenaire, et lui faire comprendre qui dirige. Et le lendemain, se retrouver à quatre pattes en train de sucer un gode et de se faire fouetter le cul. Et je me dis que c’est tout de même vachement bien !

J’ai à disposition deux fois plus de type de pratique possible. Je peux même chercher à mixer les situations pour ne plus trop savoir où je suis tout en restant polyvalent. Mais je peux tout autant être dominant et brutal dans ma sexualité, qu’être à la merci de quelqu’un d’autre et satisfaire ses envies (et les miens). C’est un peu comme être commercial et technicien. Je peux m’adapter et apercevoir un ensemble de choses qui me construise un peu plus.

Conclusion sur le fait d’être Switch

Au final, être Switch, ce n’est pas si contraignant que cela. Il faut savoir s’écouter, savoir également repositionner les choses, car quelqu’un de Switch comme moi, n’aime pas être catégorisé. Parfois, je suis souvent vu comme étant un homme qui se fait prendre le cul, qui aime ça, qui pourrait même aimer se retrouver dans un bukkake. Mais je suis également un homme qui aime la brutalité sexuelle, venir par-derrière et satisfaire au mieux celle qui se trouve devant moi, être dominant par mes mots et prendre plaisir avec ma bite. Par contre, il est vrai qu’il est difficile de montrer les deux penchants de sa sexualité comme étant un ensemble et non deux choses séparées l’une de l’autre. Oui, je suis Switch, je le revendique ! Et vous ?

Switch : Complexité de cette sexualité
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