Il y a plusieurs jours, j’ai eu l’occasion de m’entretenir par téléphone avec Ava Oiknin, qui s’occupe de la gestion du réseau d’ambassadrices Fun Factory. Pendant presque une heure, nous avons échangé à travers plusieurs questions que j’avais préparé à l’avance, Ava ayant eu la gentillesse d’y répondre avec grand intérêt.

Je la remercie à nouveau de m’avoir accordé cette interview qui fut très intéressante ! Pour information, les réponses d’Ava Oiknin sont retranscrites de l’enregistrement de l’appel téléphonique. Il s’agit donc de séquences de réponses ! Et elles sont très nombreuses ! Place à l’interview !

Interview de Ava Oiknin

Ava Oiknin, responsable du réseau d’ambassadrices Fun Factory

En quoi consiste exactement le métier de « gestion du réseau d’ambassadrices Fun Factory » ?

Ava Oiknin : « C’est un poste que j’ai dû créer de toutes pièces. Il faut recruter des personnes, pour qu’elles ont envie de vendre en réunion des produits liés à la sensualité, à la sexualité et au plaisir, à travers une gamme de cosmétique, de lingerie, et bien sur de sex-toys« . « C’est une vente en réunion dans le domicile de personnes qui reçoivent des amies. Mon but, c’est d’expliquer le métier, selon une charte Fun Factory, qui se veut être drôle, sans vulgarité et pédagogique. Une fois le réseau constitué, je leur apprends à se faire connaître, à conseiller en fonction des besoins, d’animer de façon drôle et de laisser une empreinte en sortant de réunion. Je veux que les gens aient envie de s’aimer, de réveiller leur libido, de rebooster leur couple ou qu’une femme qui est plutôt clitoridienne s’intéresse à devenir plus vaginale.« 

« C’est également le suivi de gestion du réseau, fédérer les Fun Girls, ne pas les mettre en compétition, çà, c’est réellement mon point de vue personnelle. Je pense que l’échange de compétence vaut 100% mieux qu’une compétitivité entre les Fun Girls . Je fais en sorte qu’elles se connaissent, on se regroupe souvent sur Skype, on se donne rendez-vous chez l’une ou chez l’autre, dans des lieux communs. On a même un partenariat avec OVS (On va sortir), nous permettant de nous faire connaître, de se réunir, de s’amuser mais en même temps de travailler.« 

Ava Oiknin : « Mon but, c’est de créer une affinité entre les Fun Girls et de façon durable. Je me déplace, je viens écouter leurs discours, afin de m’assurer que celui-ci ne se fane pas. C’est l’occasion de nous voir, d’assister à des réunions pour se rendre compte de l’évolution de mon discours de base. Çà me permet de comprendre quelles sont les failles de mon discours. C’est ma formation que je leur enseigne, il y a parfois beaucoup d’informations, certaines peuvent être saturées d’info, çà me permet de voir ce qu’elles retiennent et de me remettre en question dans mon activité.« 

« Je ne remets jamais le discours d’une ambassadrice, je considère toujours que c’est le miens qui est en cause. Elles sont mon miroir, çà me permet de me rendre compte que sur certains catalogues, elles ne vendent pas de jouets. Donc soucis, soucis de présentation du jouet. Pas sur le plan de la technicité, mais sur le fait d’expliquer en quoi ce jouet peut apporter quelque chose chez une femme. Çà me permet de revoir mes classiques, de renouveler mon discours ainsi que ceux des ambassadrices, mais certaines sont ancrées dans leurs habitudes ;)« 

Comment se déroule un cursus de formation à la Fun Factory Party ? Quels sont les étapes et les processus mis en place ?

Ava Oiknin : « Çà dépend. Ce que je veux éviter, c’est que les personnes rêvent leurs vies ! Ce que je fais, ce n’est pas du recrutement pour leur faire signer des contrats, et intégrer l’équipe des Fun Girls, vu qu’on passe beaucoup de temps entre nous, je peux pas intégrer n’importe qui . Je demande à la future Fun Girl, de réaliser une réunion chez elle avec ses amies. Elle va préparer la réunion, mais en tant qu’hôtesse, ce n’est pas elle qui fera celle-ci, elle va fédérer ses amies, mais c’est une autre personne qui fera la présentation. On va tester ses facultés à fédérer des gens autour d’un thème, mais en réalité, c’est elle qui sera le centre de l’attention.« 

Ava Oiknin : « C’est souvent des gens qui ont envie de le faire. Le système leur convient et elle veulent voir avant de s’engager. Ça leur permet de se rendre compte de comment s’anime une réunion, et çà se passe comme une Fun Party classique . Elles se disent le thème de l’apéro avant, entre l’ambassadrice et l’hôtesse pour ne pas être stressé de ne pas connaitre le sujet de la réunion. Çà lui permet de se projeter. Certains ne se sentent pas capable, je leur demande pourquoi et j’interviens. D’autres disent d’accord, elles signent des contrats et elles sont intégrées dans la formation, c’est beaucoup plus simple ainsi, si elles ont déjà assisté à une réunion, pour les former.« 

Ava Oiknin : « Çà me permet de faire en sorte de moduler mon temps et d’insister sur une partie de mes modules de formation. Il y a encore des régions où il n’y a pas de Fun Girls et là, elle se lance seule, et mon travail est différent, je fais en sorte qu’elle se rende compte de comment se passe une réunion, et là çà marche, j’ai beaucoup de résultats. Elles deviennent garantes d’une région, et je vois les résultats tout de suite. La première réunion, c’est vraiment le fruit de mon travail. C’est quelque chose de très satisfaisant, de très gratifiant.« 

« Il y a des modules de technique de vente en réunion, très spécifiques, « comment faire une réunion et avoir d’autres réunions. Il faut en réunion, avoir envie de donner l’envie à d’autres personnes de faire chez elle, elle-même des réunions . On leur apprend à gérer leur fonds de commerce pour qu’il puisse évoluer dans le temps, comment se présenter, comment créer des événements, comment parler de sexualité avec la charte de langage, sans être trop trash.« 

Ava Oiknin : « On s’adresse à un public, quasiment novice. Le public qui s’y connaît très bien, n’a pas besoin de nous. Ils ont leurs sites, ils ont leurs jouets, ils ont une sexualité, une connaissance d’eux-mêmes beaucoup plus importante. On s’adresse aux personnes qui ont acheté un petit canard pour leur copine.« 

« C’est une façon un peu ludique de ne pas ouvrir la porte du sex-shop du coin. On donne la possibilité aux personnes au fin fond de la France, d’acheter des produits avec des conseils personnalisés. C’est une ouverture vers une sexualité globale.« 

Ava Oiknin : « C’est vraiment une mission de conseil, d’accessibilité. Notre démarche est facilitée, on est partenaire au congrès des sages-femmes, et ça donne une vraie légitimité à notre métier. Toutes les sages-femmes sont maintenant amenées à parler de sexualité, à répondre aux questions et je suis sure que c’est pour cette raison qu’on nous demande d’intervenir.« 

Ava Oiknin : « Elles ont toutes la formation de base , des modules de 2h avec à peu près 5 modules. La différence anatomique entre homme et femme et même une partie sur le conseil conjugal. Le jouet c’est génial pour çà, car c’est un troisième personnage, ce n’est pas un amant, c’est neutre, le partenaire à une action sur celui-ci, çà va être un outil pour lui. Il pourra dire « tu as été vilaine on va le cacher » ou « t’aura pas ton joujou », c’est un vecteur de communication, c’est un Mister +, un objet +, sans être un gadget. On ne fait pas de prosélytisme sur le jouet, on dit : voilà à quoi ça sert.« 

Quelle est la proportion de Fun Boys par rapport aux Fun Girls ? Pourquoi une telle différence selon vous ?

Ava Oiknin : « J’ai moins de garçons. Je dois avoir, sur un pourcentage, 5% de garçons. Il y a plusieurs choses, les Fun Girls / Fun Boys, créer des éventements, et utilise leur propre réseau pour créer les réunions. On arrive à un moment donné où le réseau s’essouffle. Lorsqu’on a des demandes, des demandes pour devenir ambassadrices, mais également pour des demandes de réunions. Je les appelle, j’essaye de les diriger, je vois quelles ambassadrices sont disponibles. »

Ava Oiknin : « Mais quand c’est un homme, c’est souvent mal perçu par les clientes. On s’adresse à des novices, donc çà peut être mal vue par le conjoint. Parfois ces derniers ne sont pas prévenus. Elles préfèrent avoir une femme, c’est plus simple pour elle. Mais parfois, pour ceux qui sont adorés, alors ils ont plus de succès que n’importe qui. Les hommes doivent faire leurs preuves. Quand ils sont adoptés, ils sont adorés.« 

Quel est le produit qui fonctionne le mieux (ou qui se vend le mieux) lors des Fun Factory Party ? Et pourquoi selon vous ?

Ava Oiknin : « L’Amorino, j’avoue que c’est un produit que j’adore. Elles adorent le Dolly Bi, le Pearly, le Calla et le Stronic Drei. Parce que le Calla, c’est un jouet qui convient très bien en stimulation, clitoridienne, vaginale et même anal. C’est un jouet qu’on peut présenter à son partenaire et ne pas le mettre en compétition.« 

Ava Oiknin : « On leur explique comment le présenter, on leur explique que çà va être quelque chose qui n’est pas là pour combler un manque. Ce n’est pas un manque que lui a, c’est autre chose. Le Calla est aussi moins agressif.« 

Ava Oiknin : « Le Stronic drei, il est plus convaincant, parce qu’il y a l’effet de pulsation. Il permet le préliminaire, il va permettre d’avoir vraiment un ressenti. C’est un jouet qu’on affectionne toute particulièrement dans le réseau. Alors naturellement, je ne parle pas des smartsballs. Les smartballs, c’est 100%. Elles en ont toutes. C’est l’indispensable de la table de chevet.« 

Pensez-vous que le sex-toy devient un indispensable de nos jours ? Pensez-vous qu’il est important d’en avoir un chez soi, seul(e) ou en couple ?

Ava Oiknin : « Le sex-toy est indispensable, pour les smartballs, oui. Mais il est indispensable, en fonction des attentes. On ne peut pas rester passive et attendre tout du partenaire. Le jouet devient un relai pour atteindre des zones et jouer à Zora l’exploratrice et apprendre à se connaitre. On doit ouvrir la voie à son partenaire. Il y a souvent des frustrations qui naissent car on attend trop sans rien faire. Ce n’est pas le pénis du partenaire qui va trouver des zones nouvelles, il faut sensibiliser ces zones et le partenaire ne peut pas forcément le faire. C’est à nous de nous connaitre.« 

Ava Oiknin : « Je pense que l’erreur des femmes, peut venir de cette méconnaissance. S’il n’y a pas de résultat, oui il faut l’utiliser, s’il y a un problème dans le couple çà peut-être une relance. Çà peut être une véritable bouée de sauvetage pour les couples et les personnes seules.« 

Quel est votre sex-toy préféré dans la gamme des produits Fun Factory ?

Ava Oiknin : « C’est difficile :) en général, j’aime bien le Stronic drei. Évidemment les smartballs, que ce soit les Uno ou duo, j’adore, car c’est vraiment une découverte de la femme, c’est mon dada. Au niveau du jouet, l’Amorino, avec ce je ne sais pas quoi de plus, ce petit bracelet, il est très très efficace, vraiment. Et sinon, le dernier de la gamme, le Stronic drei. je l’aime pour sa technicité, son design mais surtout pour son efficacité. J’espère que j’ai répondu à la question :)« 

Qu’est-ce qui vous plaît dans votre mission de gestion du réseau d’ambassadrices ?

Ava Oiknin : « Ah j’aime bien cette question ! Moi ce que j’aime bien, c’est amener des personnes dans une même direction. J’aime bien çà dans la vie, j’aime fédérer des gens, j’aime qu’on se sente en sécurité dans mes équipes, mais pas quelque chose de communautaire avec des clans. Elles ont toutes des talents en-elles. »

Ava Oiknin : « Le summum du plaisir, c’est de leur montrer qu’elles ont les compétences et qu’elles peuvent avoir une véritable autonomie. De leur apprendre un métier, de leur montrer qu’elles peuvent obtenir un complément de salaire d’elle-même. Je donne une manière de s’en sortir, qu’importe ce qui se passe dans ma vie, j’ai ma valise ! J’aime bien l’idée de donner une autonomie tout en leur donnant une sécurité dans le groupe. C’est comme un enfant ! Pour donner une image, je l’ai guide vers l’autonomie, mais je serai toujours là ! » On va leur donner un métier, c’est vraiment ce que peut faire de mieux un gestionnaire de réseau. On ne veut pas les rendre dépendant, je veux qu’elle s’épanouisse. Car j’ai tout à y gagner.« 

Pouvez-vous nous dévoiler une anecdote amusante ou insolite en relation avec votre métier ?

Ava Oiknin : « Un jour, on a reçu une demande de réunion provenant d’Australie. À ce moment, j’avais une ambassadrice qui était en stage pendant 6 mois à Melbourne, elle s’appelle Ophélie. Un des stagiaires qui travaillait avec moi était aussi là-bas. Donc on a eu une réunion à Melbourne. Les clients n’ont pas reçu leur produit tout de suite ;) Mais ce qui était très drôle, c’est qu’elle avait ramené une partie de sa valise. J’ai compris que c’était pour son utilisation personnelle. Elle a réussi à faire des choses et ça a bien fonctionné.« 

Avez-vous un message à faire passer ? Un conseil ?

Ava Oiknin : « Il faut être dans l’action. Les sex-toys, il ne faut pas les craindre. C’est générateur de solution en général, ils sont vecteurs de communication et c’est quelque chose qui existe depuis la nuit des temps. Ils vont toujours donner la possibilité d’aller vers l’autre. Une personne qui n’a plus de libido, dans nos cercles d’amis, on n’entend, « ça y est les mecs ou les filles j’arrête » et c’est vrai que moins on fait, moins on a envie de faire.« 

Ava Oiknin : « Ça va permettre aussi de calmer des pulsions, et de ne pas se retrouver avec n’importe qui est d’avoir une vraie clairvoyance chez le partenaire. Ça va nous permettre de rencontrer une personne en toute quiétude, sans avoir ce manque. Le fait d’utiliser un jouet, va réveiller sa libido et donner l’envie d’aller vers l’autre. On est quand même la seule espèce sur la terre à avoir ce clitoris, 24/24h sur 24 et pas seulement au moment de l’ovulation. Le jouet peut être une solution pour les gens qui ont peur de la rencontre.« 

Ava Oikin - Fun Factory

Interview de Ava Oiknin de Fun Factory Party
  • La note des lecteurs

  • Noté 5 stars
    5 / 5 (1 )
  • Votre note